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Valentin Barrier, le podcast pour partager les connaissances, entre recherche historique et pop-culture

Valentin Barrier est doctorant à l’Institut d'histoire moderne et contemporaine (IHMC) où il effectue ses travaux de recherche sur l’histoire de la guerre et de la Révolution française. Il est également à l’initiative du podcast « OpCit ! » qui rassemble doctorants et enseignants-chercheurs de l’UMR dans l’exercice de la vulgarisation scientifique.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours universitaire ?

Valentin Barrier : J’ai commencé mon parcours universitaire dans cette même maison où je suis aujourd’hui : à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. J’ai fait le parcours classique de trois ans de licence en histoire puis deux ans de master. Pendant les trois premières années de mon cursus j’ai eu l’occasion d’être l’élève de chercheurs et de chercheuses en histoire de la guerre et de la Révolution française qui m’ont particulièrement inspiré. Ils et elles m’ont transmis la passion de ces disciplines et c’est tout naturellement que j’ai fait un master qui liait les deux sous la direction d’Hervé Drévillon. À la suite de ce master, j’ai passé les concours de l’enseignement à la prépa de Paris 1 Panthéon-Sorbonne que j’ai fait suivre d’un doctorat.

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans un doctorat ? Et pourquoi dans ce cursus en particulier ?

Valentin Barrier : Très simplement parce que la recherche me passionne. J’aime enquêter, essayer de découvrir, écrire, comme tous les historiens et toutes les historiennes, je suppose.

Sur quoi portent vos travaux de recherche ?

Valentin Barrier : Pour résumer, je travaille sur l’influence du politique sur le militaire pendant la Convention (1792-95). J’observe la manière dont la jeune République tente de contrôler l’outil militaire qu’elle hérite de la monarchie. Plus précisément j’analyse la manière dont les instances politiques luttent ou s’organisent avec les généraux pour déterminer la conduite des opérations. Enfin, j’essaie de comprendre si cette influence politique se ressent également dans les manières d’employer les armées de la République avec un intérêt particulier pour la création du système divisionnaire.

Vous êtes producteur du podcast « OpCit ! » qui traduit un bel effort collectif de valorisation et de vulgarisation scientifique. Quels sont les origines et les objectifs de ce projet ?

Valentin Barrier : Fin 2021 - début 2022, l’IHMC souhaitait remettre à jour sa politique de vulgarisation. Le laboratoire disposait déjà d’une chaine YouTube, mais la question se posait de savoir s’il était nécessaire de continuer à divulguer sur ce média. À la suite d’une discussion collective, il a semblé nécessaire de renouveler l’approche de vulgarisation. Fort de la conviction que le podcast était un format qui fonctionnait particulièrement bien en histoire à ce moment, j’ai proposé la création d’une émission mensuelle qui permette à tous les membres de l’IHMC de venir partager leurs derniers travaux, découvertes, participations à des manifestations culturelles dans la sphère publique, etc. L’objectif était avant tout de toucher un public de passionnés, l’IHMC étant un laboratoire centré sur l’excellence scientifique, mais également d’ouvrir à un public plus large d’intéressés en soumettant les chercheurs et les chercheuses à l’exercice, plus difficile qu’il n’y parait, de la vulgarisation.

Comment déterminez-vous les sujets traités dans vos émissions ?

Valentin Barrier : Il faut d’abord savoir que derrière Opcit il y a une équipe de doctorants, de doctorantes et de titulaires motivés qui se réunissent fréquemment pour former ce que l’on pourrait appeler un comité de rédaction. Ce comité examine d’abord les propositions d’émissions envoyées par les autres membres du laboratoire, puis en fonction de l’actualité du moment, des sorties éditoriales et des envies du comité, on détermine quelles seront les thématiques des prochains épisodes.

Chaque chercheur invité propose un sujet « carte blanche, entre histoire et pop-culture », pouvez-vous nous en dire plus ?

Valentin Barrier : Le chercheur ou la chercheuse qui enregistre la carte blanche n’est pas la même personne que celle invitée. Un épisode d’Opcit est composé d’une interview de 25 minutes puis d’une carte blanche de 5 à 6 minutes. L’objectif de cette carte blanche est de donner l’occasion aux chercheurs et chercheuses de l’IHMC de donner leur expertise sur des sujets de « culture populaire » liés à l’histoire, qu’ils apprécient ou au contraire qu’ils souhaitent critiquer. Cela peut être un film, une bande dessinée, une exposition, une série, etc … L’enjeu de cette carte blanche est de délivrer une analyse critique des productions culturelles issues de l’histoire, de plus en plus nombreuses et massivement consommées.

Comment produit-on un podcast ? Quel matériel et quels supports de diffusion utilisez-vous ?

Valentin Barrier : Pour produire un podcast, il faut bien évidemment des micros de bonne qualité et un technicien chargé du montage et du son. Ici c’est Quentin Censier, historien et youtubeur de la chaine Sur le champ, qui se charge de tous les aspects techniques. Engager des moyens importants dans les aspects techniques est crucial pour donner au podcast une allure de travail sérieux et professionnel. Dans l’objectif d’être le plus accessible possible, Opcit est disponible sur tous les supports de diffusion classiques : spotify, deezer, applepodcast etc …

Quels sont vos projets et qu’envisagez-vous après votre doctorat ?

Valentin Barrier : Il y a plusieurs possibilités : logiquement je vais passer les campagnes de recrutement pour essayer de devenir maitre de conférences, ce que je souhaite ardemment, mais je compte également continuer mon parcours dans le domaine de la vulgarisation. En effet, je collabore activement à l’écriture et à la réalisation des épisodes de la chaine YouTube d’histoire de la guerre : « Sur le champ ». La réalisation de films documentaires me plait particulièrement et je souhaite m’améliorer avec le temps dans ce domaine. À ce propos, nous allons diffuser très prochainement un gros projet financé par le CNC et dédié à la place des femmes dans le monde militaire du XVIIe au XXe siècle, intitulé : « Les oubliées de l’armée ». Sinon, très naturellement, l’enseignement dans le secondaire me semble également une perspective professionnelle très enrichissante.

Quels conseils donneriez-vous à un (une) étudiant(e) qui souhaite s’engager dans un parcours doctoral ?

Valentin Barrier : En histoire, le doctorat c’est une course de fond, il faut savoir aller vite tout en tenant la distance. Motivation et détermination sont les premières qualités à avoir. Je dirais toutefois à qui souhaite s’engager dans un parcours doctoral de rester ouvert aux opportunités et de maintenir éveillé son esprit créatif. Non seulement cela permet de varier les travaux, mais également de s’ouvrir des portes vers d’autres champs qui sont de plus en plus demandés aujourd’hui.

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À propos de la thèse de Valentin Barrier :

Intitulé de la thèse : « Mener la guerre en République » (titre) « Guerre et politique sous la Convention nationale (1792-1793) » (sous-titre). École doctorale de rattachement : École doctorale d'histoire (ED 113) depuis 2020. Unité de recherche de rattachement : Institut d'histoire moderne et contemporaine (IHMC UMR 8066). Financement : ministère des Armées. Directeurs de thèse : Hervé Drévillon / Michel Biard

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Écoutez le dernier épisode du podcast « OpCit ! » :
Jean-Luc Chappey et Muriel Le Roux – Pasteur, ses adversaires et ses héritiers
Épisode 12 de la série « OpCit ! » – 11 avril 2023

OpCit !

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Enregistrement d'un podcast OpCit ! à l'UMR IHMC