
Grandes forêts et réchauffement climatique : dialogue international en préparation de la Cop 30
Les 11 et 12 février, le GRIDAUH (Groupement de recherche sur les institutions et le droit de l'aménagement, de l'urbanisme et de l'habitat), le laboratoire Europe, Espace, Environnement (L3E) de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’université d’État du Para au Brésil ont organisé un colloque international sur la question des grandes forêts et la lutte contre le réchauffement climatique, en préparation de la Cop 30.
Brésil, Afrique, Europe : l’importance de la coopération internationale
Face à l’urgence climatique et à l’importance des questions environnementales, l’organisation de cet événement apparaissait comme une nécessité à plusieurs égards. La coopération internationale était au cœur du colloque : il est indispensable de parler à la fois des forêts amazoniennes, africaines et boréales pour aborder la lutte contre le réchauffement climatique. Les grandes forêts représentent un enjeu crucial pour la diversité, la biodiversité et les cycles naturels mais elles sont avant tout des espaces habités et indispensables à la vie sociale. Ce colloque associait des intervenants et intervenantes provenant du continent américain, africain mais aussi européen. Au programme de ces deux journées sont donc intervenus des enseignants-chercheurs, anthropologues, géographes, historiens mais aussi des juristes et des personnalités politiques comme Eve Bazaiba Masudi, ministre de l’Environnement et du développement durable de la République démocratique du Congo (RDC) et Rodolpho Zahluth Bastos, secrétaire d’État adjoint à l’environnement et au développement durable de l’État du Para. Cette interdisciplinarité a permis d’échanger sur le sujet des grandes forêts et de lutte contre le réchauffement climatique dans sa globalité. L’ensemble de l’équipe organisatrice a soulevé l’importance du dialogue, de la coopération internationale, et des financements pour soutenir l’action climatique. En introduction, Christine Neau-Leduc a rappelé l’importance du développement de ces partenariats de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne avec les différentes universités représentées au colloque : l’université fédérale du Para, l’université de Yaoundé 2 et l’université d’Helsinki, membre fondateur de l’alliance Una Europa. Norbert Foulquier, professeur de droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur du GRIDAUH, a également tenu à souligner l’implication du GRIDAUH et du laboratoire L3E au sein de l’organisation, pour l’émergence du dialogue entre les universités et pour l’ouverture vers les forêts boréales.
« La Cop 30 représente bien plus qu’une conférence internationale. […] Choisissant l’Amazonie comme hôte nous reconnaissons non seulement l’importance des forêts pour l’équilibre climatique mais nous donnons également nos voix a ceux qui depuis des décennies luttent pour protéger les forêts du monde », a insisté Rodolpho Zahluth Bastos.

Préparer la Cop 30 de Belém, capitale de l’état du Para au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025
La ville de Belém et l’état du Para n’ont pas été choisis par hasard pour l’organisation de cette Cop 30. En effet, beaucoup de politiques et de programmes sur le climat ont été mis en œuvre depuis 2019. Le Para est un des états du Brésil avec la plus grande surface et la plus grande zone métropolitaine de l’Amazonie. Cet état est celui qui résume le mieux la diversité, les défis et la contradiction de l’Amazonie brésilienne. Il abrite énormément de ressources naturelles, possède une grande diversité d’écosystèmes et également de population. Les terres occupées par les populations traditionnelles représentent 60% du territoire. L’université fédérale du Para est également un atout majeur de cette région. Avec 12 campus, plus de 50 000 étudiants et 6 000 professeurs, elle est à l’origine de la plus grande production scientifique sur l’Amazonie au monde, a rappelé Lise Tupiassu, professeure de droit à l’université fédérale du Para. Cette université est aussi un des plus grands centres de formation universitaire pour les populations traditionnelles en Amazonie brésilienne puisque 85% des étudiants sont issus de milieux défavorisés. Dans le cadre de la Cop 30, l’université fait partie d’un mouvement scientifique qui vise à inclure de manière significative les populations amazoniennes aux discussions climatiques : « Nous croyons fortement que les voix des peuples et des communautés traditionnelles, gardiennes de la forêt et détentrices des savoirs ancestraux doivent être au cœur des discussions » a ajouté Lise Tupiassu. « Nous croyons que la coopération avec […] des acteurs scientifiques comme l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sont des éléments essentiels pour que […] les apports [scientifiques] à la Cop30 soient considérables par rapport à nos enjeux de l’Amazonie. » a-t-elle poursuivi. Il s’agissait également à travers ce colloque d’informer sur les défis du Para, comme l’a expliqué Norbert Foulquier : « La Cop 30, comme toutes les autres, pourra être un succès si elle est préparée, si les intervenants ont déjà échangé, s’ils ont compris les contraintes de chacun des pays. »
Saison France Brésil en 2025, vers une année de collaboration
Enfin, ce colloque s’inscrit dans la saison France Brésil de 2025, dont les enjeux environnementaux et la transition écologique sont un des sujets principaux. L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne renforce son partenariat avec le Brésil grâce à plusieurs événements, notamment à travers le projet DEMOCLITES (Démocratie, Climat, Transition Écologique et Sociale) organisé par le laboratoire L3E, l’Université de Sao Paulo et soutenu par l’Institut français. Le L3E est un laboratoire de recherche lancé en 2024 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui vise à développer, en lien avec les thématiques portées par l'Alliance Una Europa, une recherche innovante, pluridisciplinaire (droit, sciences politiques, économie, archéologie, histoire, géographie, philosophie) et associant des chercheurs de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à des chercheurs d'autres universités européennes. Le projet DEMOCLITES s’articule autour du climat et de la transition écologique, ainsi que de la démocratie et de la mondialisation équitable, qui s’inscrivent dans le dialogue entre la France et le Brésil. Deux événements auront lieu dans le cadre de ce programme, le premier à Paris et le second à Sao Paulo. Le colloque « Grandes forêts et lutte contre le réchauffement climatique » participe donc à renforcer les liens entre les deux pays et plus particulièrement entre Paris 1 Panthéon-Sorbonne et les universités brésiliennes.
Crédits photo : Pascal Levy