SoVisu+ à Paris 1 Panthéon-Sorbonne : un système d’information innovant au service de la recherche en SHS
Paris 1 Panthéon-Sorbonne franchit une étape structurante dans sa stratégie numérique en lançant SoVisu+, une application dédiée à la gestion et à la valorisation des données de recherche. Première université française à mettre à disposition de sa communauté scientifique un Current Research Information System (CRIS), l’université engage ainsi une transformation profonde de la manière dont les activités scientifiques sont recensées, analysées et valorisées.
Une dynamique collective au service du rayonnement scientifique
L’application SoVisu+ est développée au sein du consortium CRISalid initié en 2023 par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’université de Toulon et qui rassemble aujourd’hui treize établissements réunis autour du projet de réalisation d’un système d’information Recherche mutualisé et libre pour les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche. À Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le projet est financé dans le cadre de Sorb’Rising (PIA France 2030) et piloté par le service SIINR (Système d’information et ingénierie numérique pour la recherche) de la Direction recherche innovation et société (DRIS), en collaboration avec la Direction du système d'information et des usages numériques (DSIUN) et le Service commun de la documentation (SCD).
Le travail collaboratif mené par les membres de CRISalid, permet de déployer aujourd’hui la première brique d’un CRIS destiné au suivi et à la valorisation des informations liées aux activités de recherche.
« Avec SoVisu+, nous franchissons une étape structurante : l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne se dote d’une première brique de son système d’information recherche. Au-delà de l’outil, il s’agit d’un choix stratégique : reprendre la maîtrise de nos données scientifiques pour mieux valoriser nos travaux, faire évoluer les modes d’évaluation et préparer les usages à venir, notamment liés à l’intelligence artificielle. »
Lydia Turkié, directrice recherche, innovation et société (DRIS), Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Un CRIS pour une évaluation équitable de la production scientifique en SHS
Aujourd'hui, les outils de mesure de la production scientifique (sur lesquels s’appuie le classement de Shanghai par exemple) ne sont pas adaptés aux disciplines des sciences humaines et sociales. Les établissements et laboratoires SHS ne possèdent pas de référentiel de leur production scientifique satisfaisant. En effet, les référentiels les plus utilisés actuellement sont des bases internationales comme Scopus ou Web of Science, des outils commerciaux coûteux, qui ne couvrent que partiellement les publications en SHS, a fortiori les publications non anglophones. Cela induit des biais dans les évaluations internationales et une dépendance informationnelle vis-à-vis d'acteurs privés commerciaux.
Dans son rapport, l’Alliance Athéna souligne ces problèmes et encourage la mise en place d'outils indépendants permettant de documenter et évaluer la production scientifique en prenant en compte les spécificités propres aux SHS.
Devant ce constat et dans un contexte marqué par les déclarations de San Francisco sur l'évaluation de la recherche et de Barcelone sur l'ouverture de l'information de recherche, il apparaît aujourd’hui indispensable de pouvoir s'appuyer sur un CRIS pour disposer d'une donnée fiable et complète et ainsi permettre à sa communauté scientifique de se réapproprier ses données et redéfinir les règles de l'évaluation de la recherche.
Un CRIS pour une information de recherche maîtrisée, consolidée et accessible
Les établissements français n’ont généralement pas la maîtrise de l’information de recherche, celle-ci est entre les mains de géants de l’information scientifique comme Elsevier ou Clarivate, ou de réseaux sociaux académiques. Un CRIS positionne l’établissement au carrefour de son information de recherche : l’université et ses unités de recherche peuvent maîtriser toutes les données qui les concernent (publications, projets, financements, thèses, etc.) et bénéficier d’une vision consolidée de leur activité scientifique.
Les données sont implantées au cœur du système sous la forme d’un graphe de connaissance institutionnel et sont disponibles pour les chercheurs et les personnels d’appui dans le cadre d’applications utiles au quotidien. Cette base de données peut par exemple servir à alimenter des portails publics, des sites web, des outils de gestion de la recherche, des applications de recherche d’expertise, les dispositifs de l’écosystème de la science ouverte, tout comme les rapports d’évaluations, de suivi de la production et de pilotage.
Un CRIS pour simplifier le quotidien des chercheurs et chercheuses et des personnels d’appui
La centralisation des données de recherche va permette d’en finir avec les multiples saisies d’une même information et la circulation de fichiers Excel ou de formulaires Word entre les services et les unités de recherche. L’information va irriguer automatiquement différents canaux, allant du site web institutionnel au CV du chercheur, de l’annuaire d’un laboratoire aux listes de diffusion internes.
La qualité des données et leur circulation entre les différents acteurs sont des enjeux de premier ordre pour la recherche d’aujourd’hui. En s’inscrivant dans cette démarche, l’université participe ainsi au fonctionnement de l’écosystème de la recherche et de la science ouverte, dans le respect des acteurs concernés, conformément aux principes et engagements de la coalition européenne COARA favorisant la qualité et l’impact de la recherche.
L’application SoVisu+ a été conçue pour offrir aux chercheurs et chercheuses une vue claire et consolidée de leurs activités scientifiques et de leur identité numérique.
SoVisu+ rassemble des informations issues de plusieurs référentiels et bases de données sur la recherche, notamment HAL, OpenAlex, scanR, IdRef, ORCID et même éventuellement Scopus, pour les établissements abonnés.
La consolidation de ces données est rendue possible par le recours aux services d’alignement des identifiants proposés par IdRef, infrastructure portée par l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur - ABES. L’application tire également parti de l’écosystème de l’ABES et de ses partenaires, tels que Cairn, OpenEdition, Érudit ou Persée, particulièrement pertinents pour améliorer le référencement et la visibilité de la production scientifique en sciences humaines et sociales.
Les informations issues de toutes ces sources sont agrégées afin de proposer une vision d’ensemble de la production scientifique disponible sur l’internet. L’interface s’organise autour d’un tableau de bord contenant des datavisualisations. Les utilisateurs peuvent aussi consulter facilement leurs publications via une vue tabulaire de ces dernières. L’application leur permet également de corriger ou d’enrichir leurs données bibliographiques ainsi que leurs identifiants numériques.
Cette approche place les chercheurs et chercheuses au cœur de la gestion de leurs données. En leur donnant la possibilité d’ajouter ou de corriger des informations, SoVisu+ contribue à améliorer la qualité et la fiabilité des données sur la production scientifique. Les modifications apportées aux informations bibliographiques pourront notamment être envoyées vers HAL et les éventuels doublons de publications dans l’application pourront être fusionnés.
À terme, l’application proposera une vision plus large des activités scientifiques. Les éléments relatifs aux projets, aux expertises, aux collaborations, aux enseignements, aux activités d’encadrement, aux distinctions ou encore aux activités éditoriales viendront compléter les données déjà disponibles.
Cette maîtrise des informations sur la recherche facilite également leur valorisation. Les visualisations produites dans le tableau de bord pourront par exemple être exportées afin d’alimenter des pages web institutionnelles ou personnelles.
Sur le plan fonctionnel, les développements se poursuivent dans une démarche agile. La fonctionnalité de dépôt vers HAL est en cours de finalisation. L'application sera par ailleurs bientôt enrichie avec des informations sur les collaborations, les projets de recherche et les thèses.
L’écosystème construit autour du logiciel doit ainsi contribuer au rayonnement de la recherche dans l’université, favoriser l’émergence de collaborations et faciliter l’identification d’expertises, en interne comme à l’extérieur. Le déploiement de SoVisu+ à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne constitue la première d'une série d'ouvertures en production prévues dans les établissements membres du consortium. L'université Paris-Saclay et l'université de Nantes rejoindront prochainement la liste des institutions proposant l'application à leur communauté scientifique.