Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne
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Dans le sillage de Présence Africaine : créer, penser, lutter aujourd’hui

En 1956 à la Sorbonne s’est tenu le premier congrès des écrivains et artistes noirs, organisé par la revue Présence Africaine. 70 ans plus tard, l’université célèbre cet événement avec une exposition au centre Panthéon et un colloque au centre Sorbonne qui s’est déroulé le 18 septembre dernier. 

Du 19 au 22 septembre 1956, le congrès a réuni des étudiantes, étudiants, artistes, et autres personnalités dans l’amphithéâtre Descartes de la Sorbonne. Alioune Diop, fondateur de la revue Présence Africaine en était l’organisateur. En 1956, la colonisation persiste dans presque tous les pays africains et c’est à partir de ces situations de domination que des étudiantes, étudiants, jeunes intellectuelles et intellectuels africains ou afro-descendants se sont réunis, ont affirmé leur présence et réclamé leur parole. Présence Africaine est à l’origine une revue et devient en 1949 une maison d’édition, puis une libraire du quartier latin. Suzanne Diop, la fille du fondateur est désormais la directrice de la maison d’édition. « Ce congrès fut un acte de parole, de pensée et de dignité […] ce moment a contribué à faire apparaître une communauté intellectuelle et artistique l’échelle du monde noir. » a énoncé Suzanne Diop représentée par le rédacteur en chef de la revue Boniface Mongo-Mboussa. 

Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne

La particularité des événements de septembre 2026 organisés par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, réside dans la volonté de donner une juste place à ce congrès et d’en offrir un prolongement afin de permettre à toute la communauté universitaire de se souvenir, d’en apprendre davantage et même de découvrir le congrès de 1956. 

Le comité d’organisation composé d’enseignantes-chercheuses de Paris 1 Panthéon-Sorbonne a introduit le colloque en rappelant l’importance de commémorer cet événement : « Entre ces murs s’est déroulé un événement majeur de l’histoire intellectuelle et politique du 20e siècle. » Elles ont présenté le colloque ainsi que l’exposition tous deux co-organisés avec Tamandra Geny, directrice du Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara et fondatrice de la galerie Azz-art à Abidjan, et avec le soutien logistique et financier de l’Institut des mondes africains (UMR 8171) et la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. « Cette journée de débats et cette exposition inaugurée hier soir au centre Panthéon, sont le produit de ce qu’est Paris 1 Panthéon-Sorbonne : une université qui croise les perspectives disciplinaires, notamment les arts et sciences sociales, et une université qui permet de réfléchir à la place que nous prenons dans le monde et à la place que l’université souhaite donner au monde en son sein. » 

Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne
Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne

Le colloque a invité les paroles des premiers concernés par l’héritage de ce congrès, celles des voix africaines et afro descendantes. Il a été question d’interroger les défis posés aujourd’hui, les stratégies à inventer et les alliances qui émergent dans les luttes. 5 tables rondes se sont tenues et ont réuni auteurs, autrices, artistes, podcasteurs, podcasteuses, universitaires, éditeurs, éditrices, activistes africains et afro-descendants pour parler de leurs expériences, aspirations et solidarités dans une pluralité de langages et d’images. 

Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne
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Boniface Mongo-Mboussa, au nom de Suzanne Diop, est revenu sur le nom du colloque «  Dans le sillage de Présence Africaine » et a souligné l’importance du mot « sillage » qui reconnait qu’un passage a ouvert une voie et que cette voie peut être discutée, prolongée, parfois déplacée par celles et ceux qui viennent après. 

« L’organisation de cette journée montre que cette histoire n’est pas close, qu’elle circule, quelle suscite des débats, des créations et des réappropriations. […] Présence Africaine se réjouit de voir que cet héritage continue à susciter réactions, créations, débats, transmission. »

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À cette occasion, une plaque commémorative a été inaugurée dans l’amphithéâtre Descartes en présence de Christiane Diop épouse d’Alioune Diop, Suzanne Diop leur fille, Christine Neau-Leduc présidente de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Nathalie Drach-Temam présidente de Sorbonne Université. Cette plaque est essentielle pour que cette mémoire soit visible et continue à vivre et que les futurs étudiants et étudiantes puissent s’informer, découvrir et en savoir plus. « Il faut mesurer ce que représentait à cette époque le fait de réunir ces voix au cœur du quartier latin, dans cette Sorbonne qui incarnait alors comme aujourd’hui un lieu majeur de production et de transmission des savoirs », Christine Neau-Leduc. « Nous mesurons le chemin qu’il reste à parcourir pour que le monde académique soit aujourd’hui plus inclusif, ouvert et représentatif » a-t-elle ajouté. Cela a été l’occasion de reproduire la photo originale de 1956, avec les personnes présentes le 18 septembre 2026. 

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Une exposition au centre Panthéon

L’exposition « Congrès 56 » a été inaugurée le 17 septembre 2026 au centre Panthéon. Elle a été portée par Tamandra Geny commissaire de l’exposition en collaboration avec l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Azz-Art et Présence Africaine au sein de la Galerie Soufflot et de Sorbonne Art Gallery. Christine Neau-Leduc s’est réjoui de l’accueil de cette exposition au sein de Paris 1 Panthéon-Sorbonne : « notre université est aussi un lieu de culture. » Tamandra Geny a commenté : « Présenter une exposition sur un thème si symbolique, si honorable, et si fort et porteur d'histoire, pour moi c'est vraiment un véritable honneur. » Suzanne Diop a conclu : « 70 ans plus tard à la Sorbonne, c'est en quelque sorte un retour au lieu fondateur. »

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